Elektronizza, un exemple de lutherie digitale

Bois, feutrine, mousse et capteurs : à Nice, le projet Elektronizza invente une lutherie numérique low-tech et inclusive, pensée pour mettre un instrument expressif entre toutes les mains — y compris en situation de handicap.

Mené aux conservatoires de Nice avec les laboratoires Ctela et XR2C2, le projet Elektronizza développe des interfaces musicales numériques inclusives et peu coûteuses, dans une logique de « slow DIY » offrant une alternative aux dispositifs commerciaux. Fabriquées à partir de matériaux simples (bois, feutrine, mousse, capteurs) et exploitant la nouvelle norme MIDI sensible à la pression, ces interfaces offrent une grande expressivité gestuelle.
L’équipe travaille sur toute la chaîne, de la captation du geste à la diffusion sonore, en s’appuyant sur une réflexion théorique du geste musical (transfert d’énergie, fonction sémiotique) et une dimension ludique. Le projet a produit des prototypes pédagogiques — dont des « game tracks » reliés à des haut-parleurs imprimés en 3D — et s’étend au champ du handicap via des interfaces haptiques, en s’appuyant sur la méthodologie de Rudolf Laban pour analyser les gestes. Plutôt qu’une opposition, Elektronizza propose une complémentarité entre instruments classiques et interfaces numériques, déjà expérimentée dans plusieurs collèges.