Imaginer le futur du son : une introduction par Nicolas Obin

Et si le futur du son commençait par ralentir ? En ouverture de FAST FORWARD, Nicolas Obin (Sorbonne Université / IRCAM) appelle à décloisonner les métiers de l’audio et à repenser l’IA sonore comme un lien sensible entre les corps, plutôt qu’un objet technique.

En ouverture de la journée FAST FORWARD, Nicolas Obin a pris le contre-pied de l’accélération : ralentir pour penser le futur du son et la place de l’intelligence artificielle. Il invite à décloisonner les « archipels du son » — musique, cinéma, jeu vidéo — et à concevoir le son non comme un objet technique, mais comme un lien sensible entre des corps en mouvement. Retraçant l’histoire de l’art sonore jusqu’à l’industrialisation par le cinéma, il situe notre époque dans une externalisation de l’esprit vers les machines intelligentes, critiquant des grands modèles de langage qu’il juge « monstrueux et fainéants » au profit d’IA plus sobres, légères, nourries de savoir humain et conçues avec les artistes. Il plaide enfin pour une « touche française » de l’innovation sonore, alliant excellence scientifique, diversité des pratiques et responsabilité écologique et culturelle.