Dans cette présentation issue de ses travaux doctoraux, Antonella Poli explore la dimension intentionnelle de l’acte chorégraphique, en interrogeant la relation complexe et dynamique entre chorégraphes et danseurs. Elle montre que le corps du danseur se construit non seulement par l’incorporation des techniques, mais aussi dans l’expérience sensible et la relation avec la vision du chorégraphe.
S’appuyant sur Merleau-Ponty et la phénoménologie de la perception, elle souligne que la répétition peut nourrir la créativité comme conduire à l’aliénation si elle devient mécanique. Contre une conception hiérarchique de la création, Antonella Poli met en lumière le rôle actif du danseur, dont les sensations, l’imaginaire et l’empathie façonnent l’interprétation et la densité du mouvement. Elle introduit enfin la notion d’“émersiologie”, réflexion sur les danses émercives qui laissent surgir l’activité vivante du corps au-delà du contrôle volontaire. En conclusion, elle interroge les contraintes temporelles imposées à la création contemporaine, souvent réduite à quelques semaines, appelant à préserver des espaces où le corps et la pensée puissent coévoluer dans une véritable expérience du sensible.
Cette intervention a été donnée le 7 février 2025 au Centre national de la danse de Pantin lors de la journée d’accélération intitulée « Se former, se dé-former, se reformer » du programme ICCARE-LAB, dans le cadre du PEPR de France 2030.
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