Camille Casale, chercheuse en art et sociologue, analyse la formation des danseur·euses professionnel·les à travers le prisme de la santé optimisée, notion qui traduit une évolution profonde du rapport au corps dans le milieu chorégraphique. Sa recherche interroge l’émergence d’une nouvelle culture de la santé, façonnée par les dispositifs médicaux, les logiques de performance et les attentes institutionnelles.
Les blessures demeurent la principale préoccupation — 1,3 par an en moyenne —, souvent dues au surmenage ou à l’hyper-entraînement. Ces atteintes précoces tendent à devenir chroniques, tandis que les troubles psychiques restent peu reconnus, dissimulés derrière une culture du silence et du dépassement de soi. Pression de la compétition, précarité et éthique du travail intensif contribuent à fragiliser les corps et les trajectoires. Son enquête ethnographique dans une école pionnière dotée d’une cellule santé révèle une co-construction de la santé entre le suivi médical, les pratiques pédagogiques et les représentations des élèves. Camille Casale distingue deux phases : un usage préventif au début de la formation, puis un recours curatif pour continuer à danser malgré la douleur.
Elle plaide enfin pour une approche collective et politique de la santé, qui prenne en compte le corps social autant que le corps dansant.
Cette intervention a été donnée le 7 février 2025 au Centre national de la danse de Pantin lors de la journée d’accélération intitulée « Se former, se dé-former, se reformer » du programme ICCARE-LAB, dans le cadre du PEPR de France 2030.
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